La CRE vient de publier ses propositions tarifaires pour février 2026. Derrière la stabilité affichée se cache une refonte structurelle majeure : fin de l'ARENH, rééquilibrage fiscal, suppression progressive de l'option Base.
Le 20 janvier 2026, la Commission de Régulation de l'Énergie a publié sa proposition de Tarifs Réglementés de Vente de l'Électricité (TRVE) pour le 1er février 2026. La décision marque une rupture avec les hausses successives des années précédentes : les tarifs baissent de 0,83 % TTC en moyenne pour les clients résidentiels en métropole continentale.
Ces mouvements ont pour conséquence une légère baisse en moyenne des tarifs réglementés de vente de l'ordre de 1,99 € TTC/MWhpar rapport aux TRVE en vigueur, soit une baisse nette de la facture d'environ 9 € TTC par an.
Cette stabilité contraste avec la volatilité extrême des années 2022-2023. Si le chiffre peut paraître modeste, il traduit une maîtrise des mécanismes tarifaires dans un contexte de transition majeure.
Le changement le plus tangible pour les entreprises concerne la structure fiscale de la facture. Au 1er février 2026, deux mouvements contraires s'opèrent simultanément :
Économie directe d'environ 10 € par an pour un consommateur moyen, indépendamment de la consommation.
Hausse appliquée sur la part variable. L'effet net reste limité : la réduction sur l'abonnement absorbe l'augmentation.
Ce que ça signifie pour votre entreprise
Ce chassé-croisé fiscal modifie la structure de votre facture sans en bouleverser le montant total. Pour les sites à forte consommation, l'impact de la hausse de l'accise sera plus sensible. Pour les petits consommateurs, la baisse de la CTA sur l'abonnement sera proportionnellement plus avantageuse.
Le 31 décembre 2025 a marqué un tournant historique : la fin de l'ARENH (Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique). Depuis 2011, ce mécanisme permettait aux fournisseurs alternatifs d'acheter une partie de l'électricité nucléaire d'EDF à un prix régulé de 42 €/MWh, garantissant une certaine stabilité tarifaire.
Désormais, l'approvisionnement des TRVE repose à 100 % sur les prix de gros. La CRE a opté pour une stratégie de lissage : la "part marché lissée sur deux ans", permettant de bénéficier de la baisse actuelle des prix de gros tout en atténuant les éventuelles secousses futures.
Pourquoi la baisse n'est-elle pas plus importante ?
Le marché français entre dans une nouvelle ère : les TRVE ne sont plus adossés à un coût nucléaire historique figé, mais aux fluctuations des marchés de gros européens.
Pour inciter les consommateurs à plus de flexibilité, la CRE engage la suppression de l'option "Base" (tarif identique 24h/24) au profit de l'option Heures Pleines / Heures Creuses (HP/HC).
Suppression pour les fortes puissances (18 à 36 kVA). Bascule automatique vers HP/HC le 1er février 2027.
Mise en extinction pour les puissances 9 à 15 kVA. Option conservée pour les clients actuels, interdite pour tout nouveau contrat.
Suppression effective pour les 18 à 36 kVA. Bascule automatique des clients restants au 1er février 2028.
La stabilité apparente cache une refonte structurelle
La fin de l'ARENH et le passage au "tout-marché" modifient en profondeur les mécanismes de formation des prix. Les TRVE ne sont plus un ancrage stable, mais un reflet direct des marchés de gros.
Le rééquilibrage fiscal impacte différemment les profils
Les gros consommateurs subiront davantage la hausse de l'accise sur la part variable, tandis que les petits consommateurs bénéficieront proportionnellement plus de la baisse de la CTA sur l'abonnement.
La suppression de l'option Base impose une adaptation
Les entreprises doivent intégrer la flexibilité tarifaire dans leur stratégie énergétique. Celles qui sauront décaler leurs consommations vers les heures creuses bénéficieront d'un avantage concurrentiel direct.
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